L’école de la vie

Quand on y pense, c’est fou tout ce qu’on peut apprendre en allant à l’université. Ce qui est le plus incroyable, c’est que ce qu’il y a de plus essentiel, on ne l’apprend pas dans les cours, mais bien dans tout ce qui se passe autour.

On apprend à remettre en question nos priorités, à mettre nos valeurs à la bonne place. En réalité, ce qui est le plus important, ce n’est pas vraiment ce que tu as et ce que tu fais, mais surtout les gens avec qui tu le fais. Dans le fond, ce n’est pas si grave que ça si vous êtes 8, assis par terre dans un salon, habillés en vieux jogging laid à boire de la bière «cheap». Ce qui compte là-dedans c’est d’être ensemble et de s’aimer dans notre misère.  

Comme on se trouve à être plusieurs loin de nos familles et nos amis, on apprend rapidement à s’ouvrir aux autres, à des personnes nouvelles mais qui vont devenir comme une seconde famille. L’université se termine un jour, du moins pour la plupart… mais les liens qu’on y crée, eux, sont permanents.

En tant qu’étudiants, on ne roule pas sur l’or, on apprend donc à vivre avec peu et aussi, à développer notre créativité. Dans le fond, une pile de manteaux avec 2-3 linges à vaisselle constituent un lit tout à fait acceptable. Avec ça, on développe aussi notre originalité de pauvres cuisiniers. Sans les étudiants, qui aurait inventé le concept du Kraft Dinner frit?

En plus, plusieurs vont découvrir leurs capacités d’artistes en cours d’année. Il n’existe aucun meilleur moment dans la vie qu’une fin de session pour découvrir que t’a un talent particulier pour sculpter des dauphins dans des grains de riz…

Après tout ça, on est déjà bien outillé, mais il y a encore une des choses essentielles que l’on doit tous apprendre un jour ou l’autre : la colocation. Ça demande plusieurs adaptations, mais ça a aussi ses bons côtés. Tu peux soulager ta conscience en observant que tu n’es pas seul à avoir des habitudes bizarres. Tu peux aussi te rendre compte que c’est normal de péter 546 fois par jour et d’avoir des discussions élaborées au sujet de ton caca. Mais l’essentiel dans tout ça, c’est d’apprendre à vivre comme une équipe. On peut toujours s’influencer les uns, les autres pour embarquer dans des projets qui n’ont pas trop de sens, en sachant que s’il y en a un qui se retrouve dans la «marde», les autres vont être là pour l’en sortir. Même si on s’aime beaucoup, on peut aussi apprendre à travailler notre patience et à subir un peu la vie des autres. Oui, en colocation, c’est possible que t’aie souvent l’impression que Ron Jeremy tourne un film dans la chambre à côté. Malgré ça, t’aimes quand même toujours tes colocs et les avantages qu’ils te procurent : tu sauves de l’argent, tu as toujours un partenaire pour faire quelque chose ou juste pour rien faire, tu peux compter toutes les affaires pas de sens que tu veux parce qu’il ne peut pas aller ailleurs de toute façon et parfois, tu bénéficie même d’un réveille-matin gratuit quand tu oublies de te lever pour ton cours, qu’est-ce que tu peux demander de mieux?

Mais finalement, après tout ça, ce qui est le plus merveilleux dans ce qu’on apprend, c’est de s’accepter et de savoir qu’on n’est pas jugé parce que dans le fond, tout le monde est bin correct avec le fait que tu arrives au cours magané, habillé comme la veille, dépeigné avec un restant de maquillage dans le visage et ça, même si tu t’appelle Olivier.

Faque dans le fond, même s’il n’y avait aucun cours, on apprendrait quand même beaucoup de choses en allant à l’université.  






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